Les alliés de Thaksin Shinawatra, ex-premier ministre thaïlandais renversé par des généraux royalistes, ont dénoncé vendredi «une main invisible et sale» qui ne cesse, selon eux, de placer des «obstacles» pour les empêcher de former un gouvernement après leur victoire électorale.Le Parti du pouvoir du peuple (PPP), où se sont regroupés les alliés de M. Thaksin lui-même en exil, est arrivé largement en tête au scrutin législatif du 23 décembre --le premier depuis le coup d'État du 19 septembre 2006--, remportant 233 des 480 sièges à pourvoir, selon des résultats officieux.
Jeudi, la Cour suprême a accepté d'examiner le 15 janvier une plainte déposée par un candidat hostile à M. Thaksin, qui a accusé le PPP d'être «un prête-nom» du Thai Rak Thai (TRT), formation fondée par l'ex-premier ministre et dissoute en mai 2007 sur ordre d'un tribunal nommé par la junte.
Deux autres plaintes, qui seront examinées les 11 et 16 janvier, visent également à invalider l'ensemble du processus électoral.
Samak Sundaravej, qui dirige le PPP en Thaïlande, a accusé des éléments non-identifiés de tout faire pour saboter les efforts en vue de la formation d'un gouvernement.
«Ils font tout leur possible pour nous renverser en demandant à la Cour (suprême) d'annuler le scrutin», a-t-il dit à la station de radio du Parlement.
«Il y a beaucoup d'obstacles en politique en raison de la main invisible et sale», a-t-il ajouté sans autre précision.
Déjà, jeudi, la Commission électorale avait annoncé que 65 candidats victorieux du PPP faisaient l'objet d'une enquête pour «achat de voix» en vue de se faire élire.
M. Samak, 72 ans, candidat du PPP au poste de premier ministre, a déclaré que cette annonce «visait à affaiblir le nouveau gouvernement» mais il ne s'est pas montré trop inquiet, affirmant que les élus du PPP mis en cause pourraient prouver leur innocence.
Depuis le 23 décembre, les alliés de M. Thaksin multiplient les efforts pour former un gouvernement de coalition stable. Ils ont réussi à obtenir le soutien de trois petits partis totalisant 21 sièges.
Deux autres formations totalisant 61 sièges n'ont pas encore décidé si elles se joignaient au PPP.
Les négociations ont été suspendues mercredi après le décès de la s½ur du roi de Thaïlande.